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Le
Mal D'Haïti:
Un combat pour un redressement...
A 100
years old Nouvelliste 's article
Found in Carlo Desinor's book- 100
ans au quotidien. Retyped by Annie
Wilfrid- Please overlook the little
mistakes.
La question du jour,c'est a dire le
problème du relèvement moral et économique
d'Haïti, a fait couler beaucoup
d'encre. Chacun a voulu y faire |
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entendre sa
chanson, brève ou longue, et durant plus
d'une année nos journaux ont retenti du
fracas des lances entrechoquées. Mais
pendant que quelques-uns des jouteurs,
oubliant le point de départ, s'égaraient
en des controverses interminables sur les
mérites respectifs des peuples, le
Docteur Léon Audain ne perdait pas de vue
un seul instant la vraie question et dans
une série d'articles donnes au
Pacificateur, il décrivait de la façon
la plus exacte possible ce qu' il’
appelle le mal d'Haïti, en montrait les
causes et proposait le traitement qui lui
parait devoir y être le plus efficacement
applique. C'est ce triple Object qui fait
la matière du livre qu'il a publie chez
Joseph Verrollot et que nous avons déjà,
dans une courte note, signale a nos
lecteurs.
Les vices de la société haïtienne résultent
de sa constitution propre: c'est cette
constitution qu'il faut donc tout d'abord
étudier. Etude difficile, a laquelle la
Docteur Audain s'est livre, l'esprit libre
de toute prévention, de toute passion, de
tout parti pris d'école. Guide uniquement
par la méthode qui consiste, au moyen de
l'observation impartiale et rigoureuse, a
rechercher dans la masse mouvante des
faits leurs raisons profondes et leurs
rapports de dépendance- l'auteur nous
donne de notre état social une
explication lumineuse.
Les causes de cet etat social trop
lamentable, hélas! Le Docteur Léon
Audain est allé les chercher dans notre
histoire, en essayant de déterminer, dans
quelle mesure les tendances léguées par
nos ancêtres d'Afrique ont pu se
combiner, avec les qualités et les défauts
transmis par la race blanche pour
constituer le type haïtien.
De quels éléments ce type est-il formé?
Quels sont les traits essentiels de son
tempérament et de son caractère et que
l'action exercée sur l'un et l'autre
pendant cent ans de vie indépendante, le
milieu physique et les mille et une
circonstances morales dont se compose la
trame de l'existence nationale! Voila des
questions auxquelles le Docteur Audain répond
abondamment: nous renvoyons le lecteur aux
pages de si pénétrante analyse ou, a
cote des nombreux défauts de l'âme haïtienne,
il indique les rares qualités qui la font
éminemment perfectible.
Parce que ces qualités n'ont jamais pu
librement et de façon continue se
manifester, on a conteste qu'elles
existent: l'auteur montre a quel point
cette opinion est juste, les haïtiennes
ayant depuis longtemps fait la preuve de
leurs aptitudes intellectuelles et de leur
puissance de travail.
Quelles causes internes ont donc empêché
les haïtiens de tirer de leur
intelligence, de leur énergie laborieuse,
de la merveilleuse richesse du pays, tout
le parti désirables? Quelles
circonstances ont en Haïti, constamment
entrave l'effort de l'individu, décourage
son activité, ruine ses ressources et
l'ont peu a peu amené a cet état de
servilité et d'impuissance ou se débattent
la plupart de nos compatriotes?
Ces causes sont nombreuses: elles sont
politiques, morales et économiques. le
Docteur Aubain en signale trois,
auxquelles il attache une importance
particuliere: le défaut d'unité
nationale, l'absence de liberté, l'éducation
défectueuse.
On peut dire que deux peuples vivent en Haïti
cote a cote, sans se pénétrer et sans se
connaitre. Entre les hommes des villes et
les paysans, entre ceux qui savent et ceux
qui ne savent pas, la différence est
telle qu'on a peine. "a les croire
citoyens d'un même pays." Dans les
contrées d'Europe, la distance est certes
grande entre les masses et les élites,
mais en elles existent des idées et
sentiments communs qui, a de certaines
heures, les dressent frémissantes, secouées
par les mêmes émotions et les mêmes fièvres.
ici, rien de tout cela. De l'élite au
peuple, nul courant de sympathie sincère
et ardente. Dans le peuple de la méfiance,
qui devient facilement de la haine.
Si la division est profonde entre le
citadin et le campagnard, l'unité
est-elle réalisée dans la villes?
"Vivant isoles les uns des autres,
n'ayant aucun quotidien qui les tienne réellement
au courant des faits nationaux qui
devraient les intéresser, pensant différemment
suivant les localités qui les ont vu
naitre, se méfiant les uns de autres de
villes en villes, n'attendant qu'un moment
favorable pour se précipiter les uns
contre les autres et faire sentir le poids
de leur épée, les citadins forment des
groupements épars le long de nos rivages,
sans cohésion réelle.
Nos paysans ne connaissent pas davantage
entre eux. Passant leur vie dans le petits
villages dissémines sur le territoire de
la République, ils ne sentent point la
solidarité ne leur apparait d'ailleurs -
quand elle se manifeste - que sous la
forme éminemment détestable de l'impôt,
-- qu'ils paient le plus souvent sans
savoir, ou du service militaire, -- qui
fait d'eux les très humbles esclaves du
chef de section. Surf le chef de section
et sur son autorité souveraine dans les
campagnes, le Docteur Audain a écrit des
pages pleines de verve, qu'on ne peut lire
cependant sans un profond serrement de cœur.
le malaise social - qui résulte de cette
désharmonie nationale - ce cessera
qu'avec le règne de la liberté. Pourquoi
l'élite ne va-t-elle pas au peuple? Parce
que le despotisme - qui trouve dans la
masse aveugle ses instruments de
domination et d'oppression - a intérêt a
la maintenir dans l'ignorance et a empêcher
par conséquent d'arriver, jusqu'a elle la
lumière qui, en éclairant son âme, le
ferait consciente d'elle même et de ses
droits. Aussi toute tentative de
rapprochement entre l'élite et le peuple
est elle considérer par nos gouvernants -
dont les intérêts s'opposent trop
souvent a ceux de la nation - comme un
danger qu'il faut violemment écarter.
La liberté, comment l'aurons-nous? Ou
elle sera octroyée par le gouvernement
qui, par suite des conditions particulières
dans lesquelles la nationalité haïtienne
s'est constituée, a pu concentrer dans
ses mains tous les pouvoirs, ou elle sera
conquise par le peuple. peut on attendre
du peuple haïtien une telle conquête?
Non, car la masse de notre peuple ne sait
pas encore ce qu'est la liberté: on ne désire
pas vivement que ce que l'on connait bien.
Autrement elle aurait depuis longtemps
brise par la force les tyrannies intérieures
qui l'ont depuis un siècle retardée sur
le chemin du progrès, et on ne l'aurait
pas vue si souvent se mettre avec les
oppresseurs contre ceux qui luttaient pour
son propre affranchissement.
Et cependant la liberté lui est nécessaire,
car la liberté est le seul régime
compatible avec la dignité de la personne
humaine et, seule, elle permet le développement
harmonieux des individus et des nations.
Si le peuple haïtien ne peut pas encore
conquérir la liberté, il faut la lui
donner: nous n'avons pas le temps de
l'attendre de l'action lente de l'éducation.
On a critique cette conclusion en disant
que c'est par son effort propre qu'une
nation se rend digne de la liberté. Le
Docteur Audain a répondu a l'objection en
montrant, par l'exemple éclatant du Japon,
les effets de la "liberté octroyée",
et en indiquant l'action personnelle du
Mikado, soutenu par l'élite
intellectuelle de la nation, dans l'œuvre
merveilleuse réalisée par les japonais
libérés du régime abrutissant du "shogourrat".
Comment pratiquement la liberté
pourra-t-elle être octroyée? Lisez a ce
propos le chapitre intitule "La
division néfaste", ou l'auteur trace
avec éloquence le rôle magnifique que
pourrait jouer le chef de l'état qui
soucieux du progrès de la nation et désireux
ment des prérogatives souveraines que les
mœurs publiques lui ont accordées et
dont on a fait jusqu'ici un si détestable
usage.
Est-ce la chose impossible, et faut-il
craindre que le peuple ne sache pas
reconnaitre le pris d'une telle faveur et
en profiter? Le peuple haïtien est sage.
Ses révoltes et ses exaltations ne durent
guère. Supportant avec résignation les
tyrans, il n'aurait pas assez de voix et
d'enthousiasme reconnaissant pour acclamer
ceux qui lui voudraient et lui feraient du
bien. Il prendrait vite l'habitude de la
liberté, et après quelques années
d'exercice loyal et franc de ses droits,
il saurait résister contre les tentatives
de reasservissement. Toute éducation est
une acquisition d'habitudes qui, avec le
temps, deviennent comme instinctives. Il
faut habituer le peuple a être libre.
C'est a la rude école de la liberté
qu'il apprendra comment une société se développe
et marche d'un pas assure dans les voies
du progrès.
Pour compléter et consolider l'œuvre de
la liberté, il y aurait tout un ensemble
d'institutions a créer et des travaux a
accomplir qui permettraient au pays de
prendre un essor définitif - le Dr Léon
Audain n'a pas garde d'oublier le rôle
important que joue l'école dans la vie
d'un peuple: aussi y consacre-t-il toute
la dernière partie de son livre. Quelle
éducation faudra-t-il adopter pour Haïti:
l'anglo-saxonne ou la latine? Le Docteur
Audain n'est pas esprit absolu. "Aucune
éducation - dit-il, très justement -
n'est pas bonne ou mauvaise en soi. Il n'y
a pas un type d'éducation applicable a
tous les peuples, car ceux-ci n'ont pas
tous les mêmes qualités ou défauts
naturels. Une éducation bonne pour un
peuple, peut-être déplorable pour un
autre. La bonne éducation populaire est
celle qui, se basant pour chaque peuple
sur ses besoins physiques, arrive a le
modifier dans le sens du bien et par un développement
raisonne de ses diverses facultés, a élever
sa mentalité." S'appuyant sur ce
principe, le Dr Audain propose un système
d'enseignement qui ferait la part égale
aux besoins intellectuels, moraux et matériels
de la nation haïtienne. Le système préconisé
par l'éminent écrivain, est intéressant
et mériterait d'être longuement expose.
L'ouvrage du Dr Audain est d'ailleurs tout
plein d'idées originales et des vues
personnelles que nous aurions pris plaisir
a discuter si nous avions craint d'excéder
les proportions d'un simple article de
journal.
Nous pouvons dire - comme conclusion - que
le mal d'Haïti est un livre de courage et
de foi; de courage parce que l'auteur
expose en toute franchise les maux dont
souffre notre pays; de foi, parce que l'étude
qu'il a faite sur notre société lui a
donne la conviction profonde que le peuple
haïtien possède de réels éléments de
progrès qui, rendus puissant par
l'association, lui assureront dans
l'avenir le bien-être et la joie - récompense
méritée par cent ans de souffrance et de
misères!
Special Thanks to Paul Sanon
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Genty Antoine
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Jacqueline Mehu Montfleury
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La Justice américaine
félicite et remercie l'Etat haïtien pour
sa collaboration dans la lutte contre la
corruption
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Un ancien haut cadre de la Téléco,
Robert Antoine, a été condamné à 4 ans
de prison pour son implication dans un réseau
de blanchiment de fonds détournés. Le
verdict, rendu par un juge du tribunal fédéral
du district de Miami, ordonne à M.
Antoine de restituer plus de 1 800 000
dollars et de verser 1 500 000 dollars
d'amende.
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Romeo Estinvil, estinro@hotmail.com |
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Dady Jean, jacjean1@hotmail.com |
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L'article entier se trouve résumé dans ce paragraphe.
Alors, on voit depuis combien de temps tant d'encre a été gaspillée pour signaler des pistes de redressement de la détresse haitienne. Mais, invariablement les décideurs ont fait la sourde oreille, car le status quo reste l'ambiance idéale dans laquelle, les 'politichiens', les profiteurs, les flibustiers, les spéculateurs, les contrebandiers continuent à opérer, juste pour assurer leurs profits, au détriment d'un peuple zombifié, manipulé comme des marionettes par les ficelles de la faim et les promesses creuses de politiciens sans scrupules et trop souvent sous-qualifiés.
Les technocrates et les académiques sont, la plupart du temps, vus comme des illuminés, des fous; bonne excuse pour ignorer les propositions lucides et progressistes qu'il offrent, en vain, pour faire avancer Haiti...