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Nous
voulons vous remercier d’avoir honoré notre
pays de votre présence à la suite du terrible
séisme qui a dévasté la capitale haïtienne
et plusieurs villes avoisinantes. D’après les
estimations, ce séisme aurait causé la mort
d’environ 270,000 personnes, entrainé 450,000
blessés et créé 1,350 million de nouveaux
sans logis, dans un pays où déjà 72% de la
population vivait dans une misère atroce. Ainsi,
le 12 janvier 2010 restera dans notre mémoire
collective comme le jour le plus douloureux de
notre histoire. Ce désastre n’est pas dû
seulement au fait du déchaînement des forces
de la nature, mais en grande partie à la négligence
de ceux qui nous gouvernent. Et grâce aux
actions de ce gouvernement et de ses associés
nous avançons maintenant vers un désastre plus
grand encore que celui que nous venons de vivre.
Ensuite, d’après les géologues, la terre qui
continue de trembler indique que nous courons
encore le risque d’être frappé d’un autre
séisme de grande envergure.
Ainsi,
nous sollicitons que vous restiez le plus
longtemps possible sur le dossier, afin de
maintenir les projecteurs de la presse
internationale fixés sur nos déboires. En
effet, lors de vos visites au pays, vous avez pu
constater l’état catastrophique de la
situation : plus d’un million de gens
vivent depuis plus de deux mois dans des abris
rudimentaires, battus par des pluies diluviennes
et séchés par un soleil ardent, dans un
environnement sanitaire déplorable. Et
cette situation va durer longtemps encore, malgré
les risques de maladies infectieuses et de
cyclones qui pourraient décimer cette
population en créant l’une des plus grandes
tragédies de ce siècle, aux portes des Amériques.
Mais,
si cette tragédie frappe notre pays, elle sera
l’œuvre de la mauvaise foi de ceux qui nous
gouvernent et spécialement du Président René
Préval. Et compte tenu qu’elle a le potentiel
de causer la mort de dizaines de milliers de
personnes, ce sera un cas de génocide.
En
effet, dans les jours qui ont suivi le séisme,
la population de Port-au-Prince avait commencé
à se déplacer spontanément de la capitale
vers les villes de province à la recherche
d’un environnement plus accueillant. À ce
moment, le gouvernement avait pour devoir de
supporter ce mouvement et chercher à mobiliser
les moyens capables d’aider les villes de
provinces à accueillir les nouveaux venus. Du
fait que nous avons été toujours en faveur de
la déconcentration de la capitale et de la décentralisation
du pays, nous avons fait des suggestions
publiques sur la façon dont le gouvernement
aurait pu encourager la population à continuer
à se déplacer vers les provinces et sur la façon
dont les autorités du gouvernement auraient pu
venir au secours des autorités municipales dont
les villes recevaient un grand nombre de réfugiés
venus de la capitale et de ses environs. La réponse
de Monsieur Préval, qui a toujours été opposé
à la décentralisation pour des raisons idéologiques
ou plutôt d’opportunisme politique, avait déclaré,
publiquement, que la majorité des gens qui étaient
dans les rues, venaient des quartiers résidentiels
et que ces gens préféraient rester à la
capitale pour être plus proches de leur maison.
Très certainement, il y avait très peu de vérité
dans cette déclaration. Car, la grande majorité
de cette population vient des zones défavorisées
de la capitale et est formée, en grande partie,
de familles qui ont émigré vers la capitale à
la recherche de travail et d’une amélioration
de leurs conditions de vie.
Très
certainement aussi, un gouvernement responsable
et avec un peu d’humanité dans le cœur pour
son peuple, aurait profité de cette situation
comme une opportunité pour offrir à ces
centaines de milliers de femmes, d’hommes et
d’enfants, un nouveau départ dans un
environnement plus décent et plus sécurisé
dans les villes de province. Mais, la seule
opportunité que Monsieur Préval et ses
acolytes avaient vu dans tout cela, c’était
celle de faire de l’argent et beaucoup
d’argent. En effet, Monsieur Préval disait à
qui voulait l’entendre qu’il avait besoin de
200,000 tentes pour les sans-abri, car ses
acolytes sont les principaux fournisseurs de
l’État. En fait, les premières tentes qui
sont arrivées au pays se vendaient à prix fort
sur le marché. Ensuite, il y a eu une rumeur
qui fit croire que chaque propriétaire de tente
pouvait obtenir plus tard une des maisons que le
gouvernement allait construire avec les 3
milliards d’aide qu’il allait obtenir de la
communauté internationale. Pas besoin de dire
que les tentes ont été vendues alors à prix
d’or, que le peuple se fit berner une fois
encore et que Monsieur René Préval et ses
acolytes se sont enrichis davantage.
Aujourd’hui,
comme le rapportent les organisations des droits
humains, dans ces cités de tentes dont Monsieur
Préval a encouragé la création par centaines
dans la capitale, les femmes, mêmes des enfants,
sont violées en toute impunité dès que tombe
la nuit, et cette population vit dans le mépris
total de ceux qui nous gouvernent. Et si
Monsieur René Préval reste au pouvoir et rien
ne change avant l’arrivée de la saison
cyclonique, il y a grand risque que nous ayons
encore des milliers d’autres morts. Le
sentiment de frustration grandira également. Ce
sera une situation qui avancera vers un cas de génocide
que la communauté internationale est encore en
mesure d’éviter.
L’histoire
d’Haïti, est marquée par des petits efforts
pour le développement de cette nation qui après
deux siècles d’indépendance et de déclin
après déclin est maintenant le plus pauvre de
la région des Amériques. En réalité, si après
ce terrible tremblement de terre, de tous les
coins du monde, on est en train de construire
des plans, en veux-tu en voilà, nous
sommes encore loin d’une solution qui pourrait
améliorer les conditions de vie de notre
population. Car, des plans, il y en a toujours
eu, mais ce qui a toujours manqué à notre
pays, c’est l’honnêteté, la volonté et le
sens d’équité chez ceux qui gouvernent.
Aujourd’hui, la situation est pire qu’elle
n’a jamais été, car nous avons une mafia
qui domine le pouvoir grâce à leur homme de
paille, Président René Préval. L’atmosphère
de corruption qui gangrène le fonctionnement du
pays empêchera les projets de se réaliser, car
les fonds seront, en grande partie, détournés
de leur objectif.
Mon
pays est en train de vivre le temps de tous les
dangers. Et le plus grand de ces dangers est le
fait qu’il soit dirigé par un gouvernement
corrompu jusqu'à la moelle et qui ne cherche
que ses intérêts et ceux de ses acolytes, mais
pas ceux du peuple haïtien pour qui il n’a
aucune considération. Monsieur Préval est un
personnage qui n’hésite pas à engager des
bandits très connus comme proches
collaborateurs. Il organise des élections truquées
et n’a aucun respect pour les normes démocratiques.
Donc, en retour, il ne jouit pas de la confiance
de la population ni de l’autorité
morale qui est si nécessaire dans cette période
difficile que traverse notre nation.
Ainsi,
pour l’amour de Dieu, n’abandonnez pas le
peuple haïtien à la merci d’une poignée de
profiteurs. Car, l’action de Monsieur René Préval
et de ses acolytes amènera, indubitablement, Haïti
à un génocide, si on ne l’arrête pas avant
qu’il ne soit trop tard.
Messieurs
les Présidents et Monsieur le Sécrétaire Général,
nous sommes très honorés de vous saluer au nom
de nos frères et sœurs d’Haïti.
PAUL
G. MAGLOIRE POUR LA DECENTRALISATION D'HAITI
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